Requalifier le nord du Côteau_A

Requalifier le nord du Côteau_A

 (urbanisation) 

Périmètre défini par le quai de Cologny, le chemin des Princes, la route de la Capite, la limite avec la zone agricole au lieu-dit Bel-Orme, le chemin de Ruth et le chemin Byron jusqu’au lac 
Zone 5 (villas) – Périmètre de protection des rives du lac 

TRANSFORMATION DU TERRITOIRE 
SITES ET PAYSAGES 

Continuité péri-urbaine 
Protection du coteau

PRESENTATION

Résume

 

Le nord du coteau se développe mal, dans le désordre des gabarits, des plans et des plantations. Un des plus beaux sites et point de vue de la rive gauche, entre les chemins du Nant d'Argent et de Ruth, a été récemment urbanisé sans tenir compte de ses caractéristiques. Les quelques sites rescapés de la périurbanisation restent menacés. 
Tâche de longue haleine, l'image du coteau doit tendre vers plus d'harmonie et mieux tenir compte de l'ensemble exceptionnel que représentent la topographie et le plan d'eau du lac, au bénéfice de ses habitants et des vues que l'on a sur le coteau depuis la rade et la rive droite. 

 

 

 

ANALYSE DETAILLEE

 
L’évolution de l’image du coteauLe coteau de Cologny a de tout temps été chanté par les poètes et les écrivains, Lord Byron en est un des plus célèbres. Les peintres, Conrad Witz au XVe siècle déjà, les aquarellistes et les graveurs en ont laissé des descriptions précises et suggestives. En examinant leurs oeuvres et en les comparant aux premiers plans précis du XIXe siècle:

 

 

  • le cadastre français (1812 env.)
  • la carte Dufour (1835 env.)
  • la carte Siegfried (1870 env.),
  •  

on découvre un paysage formé par :

  • un immense domaine de 100 hectares, Ruth (Boissier) et six ou sept très grandes campagnes depuis la villa Diodati jusqu'aux confins de Vésenaz.
  • des maisons de maîtres et leurs communs ponctuant les propriétés.
  • un paysage de vignoble compact jusqu'à la fin du XIXe siècle.
  • des lignées d'arbres le long des chemins suivant les courbes de niveaux et s'entrecroisant avec des cordons boisés grandis le long des nants selon les lignes de pente.

Dès le début du XXe siècle, ce paysage s'est modifié en trois étapes :

  • arrachage massif des ceps de vigne anéantis par le phylloxéra, durant le premier tiers du siècle.
  • morcellement en lambeaux du domaine de Ruth dans les années 30 d'après des plans de lotissement établis en une époque où l'on n’avait pas encore pris conscience des modifications que peut apporter au paysage une urbanisation systématique en villas et en pavillons.
  • densification intense du coteau dès 1950 :
  • bouleversement de la topographie par des murs de soutènement excessifs et des terrassements inadaptés,
  • parcelles de plus en plus petites,
  • constructions niant la pente du site et visibles au loin à cause de leurs teintes trop claires et de leur manque de relief,
  • arborisation désordonnée d'essences importées, formant rapidement des écrans qui cachent réciproquement aux propriétaires les vues sur le lac et les échappées sur la rade,
  • haies systématiques obstruant toutes les vues aux promeneurs et exacerbant le repli sur elles-mêmes des parcelles introverties,
  • desserte difficile et compliquée des villas.

Vers 1950, l'image magnifique du coteau de Cologny était encore très présente. On comparait alors avantageusement sa beauté équilibrée avec les bords des lacs alémaniques, déjà surdensifiés. Cette image positive est restée dans le subconscient du public, qui fait de cette colline l'un des quartiers les plus recherchés de Suisse. En réalité, le paysage en est totalement modifié et banalisé. 
Et pourtant, il est possible de revenir à un coteau harmonieux, moins agreste qu'autrefois, mais aussi paysager, accueillant des constructions jusqu'à concurrence du taux de 0,2. 
 

Proposition 

La présente mesure propose la reconquête patiente d'une urbanisation plus homogène, en accord avec le site et adaptée à la pente, qui serait ainsi mieux perçue depuis la rade et la rive droite. 
La reconquête d'un paysage ordonné et harmonieux est compatible avec l'urbanisation individuelle du coteau. Elle est tout à fait envisageable en utilisant le facteur temps, un des matériaux de base de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire. 
Le temps nous indique en effet, pour le coteau de Cologny, que :

  • le paysage s'est progressivement et complètement transformé en 50 ans, depuis 1950 environ.
  • une bonne partie des villas ont une durée de vie de 50 ans. En effet, comme elles sont très personnalisées, il est fréquent qu'un nouvel acquéreur préfère démolir et reconstruire une maison inadaptée à son mode de vie et à son goût.
  • Les arbres atteignent une taille conséquente en 50 ans.

Il est donc réaliste d'envisager, grâce à un bon plan d'aménagement paysager, de donner au coteau une image qui, progressivement, deviendra celle qu'auront les jeunes d'aujourd'hui en 2050 et plus tard.