Rencontre

Rencontre, Manuel Torres

Né à Malaga en 1938, Manuel Torres vit et travaille à Genève depuis 1960. Pour ceux qui ne connaissent  pas encore l’homme et  son œuvre,  comment brosser  le portrait  de cet Andalou ardent et lumineux, forgeron-chaudronnier de formation,  qui débarque sur nos rives à vingt-deux ans pour être rapidement engagé comme ouvrier métallurgiste aux Ateliers des Charmilles et qui prendra part, sept ans plus tard, à l’exposition Sculpteurs de Genève au Musée Rath ? Le parcours de ce puissant autodidacte - lauréat de nombreux concours - a été forgé tant par ses recherches assidues sur la forme et la matière, que par le soutien de ses amis, artistes, intellectuels ou hommes d’affaires qui ont croisé sa route, qui ont cru en son talent et l’ont manifesté.

Dans l’atelier clandestin qu’il s’est aménagé aux Charmilles, il commence par assembler et souder pièces mécaniques, clous, tiges de fer et plaques de métal pour réaliser ses premières sculptures qu’il offre à sa future femme, Maria Guerrero.  En 1965, son ami le photographe Daniel Vittet lui présente le sculpteur genevois Henri Presset qui lui apprend à penser la sculpture et l’introduit dans le cercle des artistes et intellectuels de l’époque. Sa sculpture devient alors plus abstraite et sa vie prend un tournant décisif  quand il reçoit, en 1971, une importante commande de la FTMH. Il quitte alors définitivement les Charmilles et installe son atelier à Eaumorte, en pleine campagne genevoise.

Travailleur acharné, Torres cherche à  faire ressortir l’âme du métal, comme il aime à le dire. Réalisées en acier inoxydable ou en fer, ses œuvres publiques, souvent monumentales, se composent d’éléments géométriques imbriqués évoquant la dualité homme-femme, l’enlacement, l’étreinte. Sensuelles et poétiques, toujours d’une haute portée symbolique, ses sculptures animent plus d’une vingtaine de parcs, rues et établissements publics à Genève et en Suisse. Depuis une vingtaine d’années, l’artiste travaille aussi le fer rouillé ou noirci et dresse vers le ciel de longues silhouettes hiératiques que lui insuffle sa fascination pour l’Egypte. Après plus de quarante ans de travail, sa renommée a largement dépassé nos frontières et ses œuvres figurent dans de nombreuses collections privées et fondations de prestige. Farouchement attaché à ses racines andalouses, ce Genevois d’adoption exposera au Forum de Davos en 2000 et figurera en 2003 parmi les Genevois qui comptent dans l’ouvrage Portraits-geneve.ch. 30 genevois mais connus publié aux Editions Slatkine. La même année, il remporte le 1er Prix sculpture du Sénat espagnol, ce qui lui vaut de réaliser pour les parlements des provinces de son pays d’origine les dix-neuf exemplaires en bronze de Fuente de los Suenos commémorant le 25ème anniversaire de la Constitution espagnole.

© Galerie Fallet, Genève