" Hommage à Odell Barnes Jr. " - Ousmane Dia

L'oeuvre

Hommage à Odell Barnes Jr. Matricule #000998

« Huntsville, Texas, mercredi 1er mars 2000. Les gestes, immuables, se répètent une nouvelle fois. Un homme en combinaison blanche, entravé par ses chaînes, parcourt en silence un couloir sombre. Deux hauts murs de briques rouges. Puis un chemin bordé de gazon, dernière touche de vert avant l'enfouissement des souvenirs. Enfin un bâtiment adossé à la muraille hérissée de barbelés. Une cellule, froide. L'homme s'appelait Odell Barnes. C'était un Noir américain de trente et un an, condamné à mort en 1991 pour un meurtre qu'il a toujours nié avoir commis. Quelques heures avant l'injection, avec calme, il a déclaré : "M'ôter la vie n'est pas la justice. Cela viole tous les principes pour lesquels les pères fondateurs de ce pays se sont battus : la vie, la liberté et la poursuite du bonheur." » Jean-Emmanuel Ducoin.

Par cette sculpture, je rends hommage à ce jeune qui a passé sept ans dans le couloir de la mort, sept ans de brimades et d'injustice qui ne l'ont pas mis à terre. « Je me battrai jusqu'au bout », disait-il. J'ai vu Odell pour la première fois en février 2000, la veille de son exécution, au journal télévisé. Je voyais un grand homme noir qui marchait menotté, entravé, dominant les policiers qui l'escortaient dans un long corridor, "le couloir de la mort ". J'ai vite découvert le pouvoir des menottes qui, si petites soient-elles, étaient capables d'anéantir un homme si grand et bien bâti,  en route vers sa chambre d'exécution ce 1er mars 2000 à 5h10, malgré une forte mobilisation internationale. Estimant que la culpabilité de Odell Barnes n’avait été qu’insuffisamment démontrée, des voix se sont élevées de part le monde comme celle du Pape Jean-Paul II, du président français Jacques Chirac et de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme.

Un jour peut-être, un jour maudit, on apprendra qu' Odell Barnes était innocent, victime de ce que les chercheurs de Columbia appellent "un système qui s'effondre sous ses propres dysfonctionnements". La barbarie.

Repose en paix Odell et que la terre te soit légère.
Ousmane Dia

L'artiste

Ousmane Dia

Plasticien sénégalais et suisse, Ousmane DIA vit à Genève.

Gestionnaire culturel et enseignant d’arts visuels au cycle d'Orientation de la Seymaz, l’artiste a également un atelier dans le quartier de la Jonction.

Ousmane DIA fréquente durant 4 ans l’Ecole Nationale des Beaux-arts de Dakar et obtenu le Diplôme National des Beaux-Arts en 1997.

Il poursuit une formation à l’école supérieure d’Art Visuel de Genève, certifiée en 2001 par un Diplôme Postgrade mention sculpture.

Ousmane DIA suit ensuite une formation d’enseignant secondaire. Il obtient également un diplôme en gestion culturelle au terme d’une formation dans les universités de Lausanne et Genève.

Dès 1999, Ousmane DIA expose à titre individuel en Suisse, notamment à Genève, Sierre, Bâle, Morges, Neuchâtel ainsi que dans plusieurs galeries en France et bien sûr au Sénégal en 2002 dans le cadre de la Biennale des arts de Dakar.

L’artiste sculpteur participe également à de nombreuses expositions collectives aussi bien en Europe qu’en Afrique. En 2002, il présente l'objet symbole du Palais des Nations Unies dans le cadre d’Expo.02 au centre d’art en l’île et à l’Arteplage d’Yverdon et à la bibliothèque du Palais des Nations Unies à Genève.
En 2003, il expose dans le cadre des Journées Sénégalaises organisées par le service culturel de Plan-les-Ouates.

Ousmane DIA travaille à partir de bois et de métaux de récupération, signe de mise en valeur et de respect pour des matières façonnées par l’Homme. Il s’agit là d’une volonté de reprendre là où il a été interrompu, le parcours d’une matière et de poursuivre son histoire.

Coutures de métal, marques de feu, superposition, accumulation, composition, équilibre et déséquilibres maitrisés, les œuvres d’Ousmane DIA font se côtoyer procédés innovants et techniques traditionnelles en un langage riche de sa culture d’origine, formel et portant si singulier.

La thématique est forte, les noms des œuvres sont éloquents, certains lieux d’exposition parfois hautement symboliques. Les œuvres d’Ousmane Dia interpellent par leur relative facilité d’approche et pourtant…l’harmonie et l’équilibre subissant l’assaut du temps et de la rouille avec une telle maîtrise ne doit pas faire oublier au public que le point de rupture si proche n’est improbable que par la volonté de l’artiste.

« Le terreau intérieur est fertilisé par de nouvelles expériences, des découvertes et redécouvertes ; les racines prennent de l’envergure et l’authentique nécessité de passer à l’acte créateur s’affirme dans les étapes qui se succèdent. »