Allocution de Mme Catherine Pahnke, Maire

Allocution du 1er août 2016
Par Catherine Pahnke, Maire
Commune de  Cologny

Je remercie Mathieu Gahnipour pour sa lecture du pacte fédéral.

Août 1291, août 2016, 725 ans ! Mesdames, Messieurs !

Et notre ferveur toujours aussi intacte, nous sommes heureux et fiers d’honorer le Pacte qui nous unit.

Un pacte qui, dans les faits, a été considéré officiellement comme l’acte fondateur de la Confédération suisse que depuis la fin du dix-neuvième siècle, en grande partie due au Conseil fédéral de l’époque qui s’était basé sur ce document pour organiser une fête de jubilé en 1891, avant de déclarer le 1er août, jour de fête nationale, à partir de 1899.

Et c’est depuis cette année-là, que les cloches sonnent dans tous les cantons suisses le soir venu, que des feux de joie sont allumés aux divers coins du pays et que nos rues s’emplissent de cortèges aux lampions.

Heureux et fiers tout à la fois disais-je, oui nous le sommes, de constater que l’alliance perdure par-delà les siècles, et que oui, il est possible  de vivre ensemble et en paix, tout en reconnaissant 4 langues nationales, avec encore plus de milieux culturels, confessionnels, sociaux et linguistiques.

Heureux et fiers encore, d’autant d’engagements honorables, comme de s’apporter conseil et soutien, de chercher en permanence à apaiser les conflits.

Des promesses qui sont le fruit d’un choix assumé par tout un peuple et méritent bien une journée de célébrations.

Au fil des années, la définition de l’alliance que nous formons de même que les thématiques qu’elle recouvre s’est enrichie, élargie, considérablement développée.

L’esprit, les valeurs qui en sont le socle eux, n’ont pas varié.

Et c’est ainsi qu’aujourd’hui, l’aide pour laquelle nous nous sommes engagés les uns envers les autres, s’exprime dans les domaines les plus divers, contribuant ainsi forger la solidité et l’harmonie du développement et de la croissance du pays.

On nous appelle « Confédérés », une dénomination qui signifie littéralement « compagnons liés par un serment. »

De 3 puis 8 puis 13 puis 22, ce sont finalement 23 cantons et 6 demi-cantons, Etats souverains avec chacun un gouvernement et un parlement, une vie citoyenne fortement décentralisée, des cantons et des communes qui jouent un rôle important et des citoyens impliqués dans les décisions.

Un choix issu de la base donc et dans lequel tout un chacun peut se reconnaître, s’approprier, faire siennes les options qui y sont prises.

Voilà certainement les ingrédients essentiels qui ont contribué au succès.

Résultat d’un long et lent processus, qui s’est développé sur plusieurs siècles, mais avec toujours, en toile de fond, ce fil rouge de cette liberté fondamentale dans notre choix d’adhérer aux objectifs désormais communs.

Et qui finalement a pris la forme d’« une patrie » au sens premier du terme, c’est-à-dire une nation dont on se sent membre à part entière.

Comparaison n’est pas raison.

Ne faut-il pas tout de même entendre et comprendre, du moins en partie, dans le vote sur le BREXIT, la voix d’un peuple qui peine précisément à se reconnaître dans sa qualité de membre à part entière de l’entité européenne telle qu’elle a été constituée et telle qu’elle s’est développée, trop vite à mes yeux ?

Et une population qui peine à faire sienne, les options  prises d’en haut, faute d’avoir pu assouvir ce besoin légitime fondamental  de jouer son rôle d’acteur participatif tel que nous le connaissons en Suisse ?

Car ce qui est vrai pour nous, devrait l’être également pour les citoyens d’Europe et du monde.

Entendre et être entendu, s’inscrire ensemble, à tous niveaux, dans la volonté de trouver des chemins qui correspondent aux besoins du plus grand nombre, sont des  gages de durabilité, de stabilité et de paix sociale.

« Volonté et confiance ! » avait déclaré le Général Guisan à ses cadres dans son discours prononcé le 25 juillet 1940 sur la prairie du Grütli, alors que la Suisse et l’Europe se trouvaient à un tournant de leur histoire.

Dans un contexte qui n’est qu’en apparences moins périlleux, 2 qualités indispensables que je nous souhaite d’entretenir afin de relever ensemble et avec succès les défis qui nous attendent.

Pour que vive Cologny – vive Genève – vive la Suisse !

 

Cologny, le 1er août 2016

Catherine Pahnke

Maire de la Commune de Cologny